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skateboard, art, magazine
L’univers parallèle de Chris Dyer
Dreadlocks, sourire jovial, léger accent péruvien... Si en général les artistes ont le vague à l'âme facile, Chris Dyer semble faire exception à la règle. Ses oeuvres, toniques et éclatantes, sont tout à fait à l'image de sa personnalité. Portrait d'un artiste engagé aux idées enluminées...
Par Emilie Corriveau, Photo JF Mailhot
Tags : Chris, Dyer, Positive, Creations, art, skateboard, Crux, Magazine

L’univers parallèle de Chris Dyer
Dans son appartement coloré du Plateau Mont-Royal où il vit avec sa fiancée qu'il a « spécialement importée de Belgique », comme il se plaît à le dire à la blague, Chris Dyer s'évertue chaque jour à transformer son univers. Make the world a better place, pour reprendre ses mots.Véritable caverne d'Ali Baba, l'endroit se veut une sorte de temple du positivisme inspiré des croyances et de la personnalité de Chris... Un genre d'univers parallèle particulièrement lumineux reflétant les expériences, les voyages et le Pérou natal de l'artiste.
S'il fallait absolument mettre un mot sur ce que peint Chris Dyer, le compromis le plus approprié, mis à part fantasmatique et psychédélique, serait probablement trippy. Il faut dire que lorsqu'on tombe sur un skateboard ou une toile de Chris Dyer pour la première fois, il est difficile de ne pas se demander quel genre de substances alimente la créativité de l'artiste. Mais les apparences sont parfois trompeuses : Chris assure qu'il n'a nullement besoin d'abuser des bonnes choses pour en arriver à de pareils résultats.
Positive creations
C'est sur les murs vert lime de son appartement que Chris expose la plupart de ses pièces. Le résultat est frappant : des dizaines de skateboards colorés guident les visiteurs vers l'atelier et le salon.
Lorsqu'on s'intéresse de plus près à l'imagerie de l'artiste, on s'aperçoit vite que la spiritualité et l'environnement font partie de ses préoccupations. En anglais, Chris désigne ses pièces comme des positives creations. Des figures culturelles et religieuses se retrouvent fréquemment dans ses œuvres, tout comme des éléments de la nature, qu'il s'agisse du soleil, d'arbres ou des cieux.
Pour Chris Dyer, mélanger le skateboard et l'art positif est un excellent moyen de conscientiser les jeunes à l'importance de s'ouvrir au monde et aux autres cultures. « If it can lead skateboarders to wonder what is meditation or who are the characters on my boards, then it's great! Reaching the kids is really important to me. If I can affect the youth and make the world a better place with my art, why not? Skateboarding is popular. Why not use a popular thing to affect the masses,right? », soulève Chris.
Bien qu'il peigne généralement à l'acrylique, l'artiste aime utiliser différents médiums.Lorsqu'il s'attaque aux skateboards, Chris procède toujours de la même façon. Il choisit sa pièce parmi sa collection de planches fatiguées ou brisées, la couvre d'une couche de blanc puis s'attèle à la tâche. Une fois satisfait, s'il s'agit d'une commande pour une compagnie de skateboard, il numérise le tout (il travaille surtout pour Creations, une petite entreprise californienne, mais il est aussi pigiste pour plusieurs autres marques, comme Satori Movement, Think, Skull Skates, Equilibrium, Freak, Drop Dead, Westside, etc.). La compagnie se charge alors de reproduire l'image à grande échelle sur l'un de ses modèles de planche.
Si Chris aime bien voir ses œuvres reproduites sur des skateboards un peu partout à travers le monde, lorsqu'il est question de l'original l'artiste est exigeant. Il ne peint que sur des planches usées à la corde, voire carrément brisées. Question de philosophie, dit-il : « I always recycle. I hate doing it on new boards. Sometimes people are hooked up with skateboarding companies and they want me to draw on their board, but I think it's a shame. A board is a piece of wood that used to be a tree. You kill a tree because you love skateboarding so much. It has to be skated. If it's broken, it's even better because you skated it until it broke. You get to revive it with a brand new painting. You are honoring the skate, the tree, and you get the vibrations from the board. »
Nul n'est prophète en son pays
Bien que Chris soit parmi les quelques privilégiés à vivre uniquement de leur art, le skateboarder déplore le fait que sur la côte Est du continent, le mouvement positif ne soit pas encore bien implanté.
« My art is not what's popular. Love, positivity, happiness and colors are not that popular in our world. In our society, it's cool to be bad. The whole positive movement has been growing, but really slowly, especially on the East Coast. I am way more popular on the West Coast », commente Chris.
Particulièrement positif, l'artiste refuse de se laisser abattre par ce genre de détails. Au contraire,la situation le pousse à être plus créatif et à offrir des produits dérivés, moins dispendieux que les œuvres originales, comme des hologrammes à l'effigie de ses toiles. Chris a aussi développé une ligne de vêtements faits de chanvre aux couleurs plus sobres que celles qui se retrouvent dans ses œuvres, mais aux designs très trippy.
Grâce à ce genre de projets parallèles, Chris peut se permettre de continuer à explorer. « I hate when artists discover something they are good at and then keep doing it over, and over again... I think it's important to evolve », dit-il.
Son dernier projet en date en est un d'envergure : la réalisation de toiles gigantesques, sorte de version beaucoup plus grande et détaillée de ce qu'il peint sur des planches. La chose lui permet d'intégrer plusieurs éléments philosophiques et de créer un tout particulièrement significatif et spirituel.
« It's impossible to sell... It's very big and it takes me about six months to do it. It's terrible for business, but very suiting for the soul! »
Pour en apprendre plus sur Chris Dyer ou pour se procurer l'une de ses œuvres : positivecreations.ca